Inscription à notre infolettre

Paiement de votre cotisation  en ligne

Payer votre cotisation annuelle 2017-2018

Suivez-nous sur

Pierre Morin


Visitez le site web de l'artiste: https://www.morinart.com/


Pour contacter l'artiste: morin@morinart.com


Date de naissance : 24 octobre 1951
Technique : Huile

184 Parisot
Varennes, Québec, Canada
J3X 1J6

 
Parcours professionnel
J’ai fait mes études en arts visuels à Québec à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, à l’époque où l’école des beaux-arts est devenue la faculté des Arts visuels de l’Université Laval. Après mes études, j’ai enseigné les arts plastiques au secondaire pour une brève période, mais je n’avais pas suffisamment la vocation (ou la patience) pour l’enseignement. À cette période de ma vie, je n’avais pas les conditions, même de base, pour tenter une carrière en art visuel, ce qui s’est traduit par un « interdit de suivre ma voie », celle d’artiste peintre. J’avoue que cette injonction a créé en moi un sentiment de culpabilité, un douloureux sentiment d’être à côté de ma réalité propre et ce pendant plusieurs années. Je me suis perfectionné en graphisme, ce qui m’aura permis de sécuriser les besoins d’une famille tout en faisant une carrière près de ma réalité, soit dans le métier des arts graphiques, de l’illustration et des communications. La nature de mon travail m’aura aussi permis de demeurer en contact avec l’univers des arts visuels et de la création. J’ai exercé le métier de graphiste et d’illustrateur à l’université de Sherbrooke et en agence de publicité pendant plus de deux années. J’ai ensuite créé ma propre boîte en communication graphique ou j’ai fait carrière jusqu’en 2008. Pendant toutes ces années, à quelques reprises, je tenterai parallèlement à mon travail de graphiste de faire de la peinture, mais en vain: « Je suis incapable de partager mon travail d’artiste peintre avec toute autre activité, la peinture n’a rien du hobby pour moi, c’est un travail impartageable, des plus exigeants et des plus rigoureux, rien d’autre n’existe alors. »

Il va sans dire que mon besoin de peindre ne m’a jamais quitté; notre réalité finit toujours par nous rattraper. J’ai donc pris la décision au printemps 2008 de suivre ma véritable voie, courageusement et avec toutes les implications émotives, techniques et financières que cette décision implique.
Depuis ce jour je suis au travail à la peinture et au dessin, avec ardeur et passion. Je suis heureux d’être revenu chez moi. Henry Miller a écrit : peindre, c’est aimer à nouveau. Je comprends profondément le sens de cette phrase.

Démarche artistique
L’acte de voir dans ma démarche
Mes yeux sont des organes de plaisirs. C’est aussi ce qui me cause parfois des problèmes de distraction. D’aussi loin que je puisse me souvenir, j’ai toujours ressenti un plaisir intense à regarder, à observer, à sentir et finalement à voir vraiment ce que la lumière révèle, une sorte de transcendance de l’acte de regarder. C’est une expérience grisante et jouissante à la fois, une expérience qui se développe. Au premier niveau tout passe par les yeux, mais ensuite cela s’amplifie et se transforme en rebondissant sur les parois de l’âme. C’est là que se croisent « les plaisirs de voir aux plaisirs de peindre», tout se purifie et devient soudainement beau, ce qui est banal devient beau, ce qui est beau devient très beau, ce qui est très beau devient magnifique et ainsi de suite, il n’y a donc pas de sujets inintéressants avec ce regard sur les choses, tout finit par s’allumer. Saint-Exupéry écrivait :  »que l’on ne voit bien qu’avec les yeux du coeur », voir de l’intérieur à travers la perspective de peindre apporte un regard différent sur toute chose, matérielle comme immatérielle. Cette façon de prendre contact avec ce qui m’entoure est à la base même de ma démarche artistique. Cela semble simple dans un premier temps, mais ce ne l’est pas. Plus concrètement, je travaille pour que mes oeuvres deviennent aussi extraordinaires qu’un triangle, c’est-à-dire qu’elles réunissent et harmonisent dans ma peinture ou dans mon dessin trois plans distinctifs : ce que je vois (sujet), ce que je ressens (compréhension et interprétation) et ce que je peins (technique et matière). À mon avis, c’est le niveau d’harmonisation de ces trois plans et la maîtrise à y parvenir de façon constante qui font qu’un peintre devient un artiste peintre, quel que soit son style ou son approche de la peinture. Ceux qui y sont arrivés sont des maîtres. Cela dit, j’ai encore bien du pain sur la planche, mais quel bonheur de savoir qu’on a du travail pour toute sa vie et encore…

J’ai exprimé que je suis un peintre figuratif, cela répond à un besoin viscéral pour moi de dessiner et d’interpréter ce que je vois dans le sens de  »voir » tel que j’ai énoncé ci-haut. Dans l’art figuratif, je suis sur le même terrain qu’un grand nombre d’artistes ont été, et sont encore. Comme ce terrain a été et est encore passablement jardiné, la probabilité de récoltes de nouvelles générations d’oeuvres absolument distinctives est plutôt faible et j’en suis conscient, c’est à mon avis la principale difficulté à laquelle font face les peintres aujourd’hui, surtout les peintres figuratifs : où est la marque de distinction d’une peinture aujourd’hui (dans le sens création-innovation) ? Y aurait-il un courant inexploité en peinture qui puisse enrichir l’univers des arts visuels aujourd’hui ? Honnêtement, je ne savais pas quoi répondre à ces deux questions (constats) lorsque j’étudiais les arts visuels et j’avoue ne pas le savoir encore aujourd’hui. Qu’à cela ne tienne, je reviens toujours sur ce terrain! la peinture figurative, même en sachant que je laboure très probablement au même endroit que tant d’autres artistes qui ne me laisse pas sans influence, comme certains du groupe des Sept. Je désire à mon tour et du plus profond de mon coeur faire germer cette semence qui puisse faire la distinction propre à l’ensemble de mon oeuvre, ne serait-ce que pour moi-même.

Tout ce que la lumière révèle
Il n’y a rien de nouveau dans le fait de citer que la lumière est d’une importance capitale en art visuel. Pourtant, c’est encore le rôle que joue la lumière sur mes sujets qui me préoccupe et me fascine le plus. Dans la peinture abstraite également, dans la sculpture,il y a essentiellement une fonction de la lumière. La lumière, c’est la vie subtile qui coule dans l’oeuvre, comme l’énergie dans notre corps. Le dessin, le sujet, la composition, le rythme, les couleurs, tous sont animés par la lumière, la lumière est créatrice et rend la vie à une oeuvre. Un savant philosophe a posé la question suivante au sujet du mystère de la vie : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien? En d’autres termes pourquoi y a-t-il de la lumière plutôt que du noir total? (absence de lumière) La lumière est un mystère qui me fascine et qui en a fasciné plusieurs depuis la nuit des temps, comme tous les Rembrant de ce monde. Je crois que la lumière procure le plaisir le plus sensuel qui soit à l’artiste. Peut-être est-ce aussi la découverte du rôle de la lumière dans ses aquarelles qui a poussé Henry Miller à dire cette phrase désormais célèbre :  »peindre, c’est aimer à nouveau ». Miller avait saisi la fonction spirituelle de la lumière dans la peinture. Je m’estime heureux, grâce à mon métier d’artiste peintre, de travailler avec une composante aussi noble et j’y accorde donc une importance capitale dans mon travail. Faire monter la lumière dans une toile procure des sensations ineffables. En effet, à une certaine étape, la lumière s’impose sur des formes esquissées de couleurs et si tout a été bien préparé dans la composition, la lumière se manifeste comme elle le fait dans une pièce qui reçoit le jour, un crescendo de révélations. Je privilégie des sujets selon leur capacité à recevoir la lumière, de telle sorte que même dans les parties d’ombre la lumière puisse agir. Il y a toujours des momentums très délicats et très sensibles quand je fais monter la lumière, quelle grande concentration cela m’exige! Quelle est la juste mesure de luminosité qui est propre à telle ou telle oeuvre sachant que chacune possède sa propre mesure, telle notre ADN. Chercher ou plutôt trouver cette mesure est passionnant. J’avoue qu’il m’arrive de perdre le contrôle et de tout défaire pour recommencer.

C’est donc ce qui s’interprète en moi dans l’acte de voir et la fonction de la lumière dans l’atmosphère de l’oeuvre qui sont à la base de ma démarche artistique et qui font de la réalisation de chacune de mes toiles une aventure qui ressemble à chaque fois à une histoire d’amour.

Le choix du sujet, la composition, le dessin, le rythme, les couleurs, le style, sont pour moi des éléments d’assemblage de grande importance certes, mais qui obéissent davantage à des considérations de technique, de savoir-faire ou d’habilité.

J’adore la nature. La nature la plus sauvage, la plus intacte et la plus canadienne possible est certainement la source d’inspiration la plus significative pour moi. Il faut savoir que la nature a très souvent été salutaire pour moi; certains se perdent dans la forêt, moi je m’y retrouve. Toutefois, je ne saurais me limiter aux paysages, la nature est partout mais dans différentes variations: dans une ville, dans une pomme, dans des fleurs, dans un corps, bref, la nature est partout même dans un rêve; les surréalistes ont largement explorés la nature des choses sous cet angle. Il est très important pour moi qu’aucun sujet qui m’interpelle ne m’échappe, je ne supporterais pas d’être captif dans un style qui dépend d’une tendance, ou de textures quelconques, ou de sujets (toujours les mêmes), ou de toutes autres particularités limitatives du genre. Disons que je me réserve le choix de peindre la nature des choses sans limites, si un tas de clous me fait vibrer il y a fort à parier qu’il deviendra un dessin ou une peinture.

Dans mes travaux, c’est le sujet qui donne le rythme et qui engendre la composition, il peut parfois provoquer une facture dans mon style. Les couleurs sont sous l’influence de la lumière, du sujet et de mes émotions, le dessin doit toujours être rigoureux et le geste honnête. Je cherche continuellement cette magie que seule la peinture peut arriver à créer, j’imagine que cette même magie anime également tous les artistes. Je crois qu’une oeuvre est véritablement habitée lorsqu’on perçoit que c’est elle qui nous regarde.

Voilà l’essentiel de ma démarche artistique.